Une sélection pour profiter des ponts de mai, des vacances et du soleil... Bonne lecture !

 

ALT-LIFE

 

Auteurs : Falzon & Cadène

Une petite histoire de l'avenir.
Josiane et René sont de la génération 50/50 : à moitié dans le réel, à moitié dans le virtuel. Fuyant un monde à l'agonie, ils se portent volontaires pour la plus définitive des expériences : être les pionniers d'un nouveau monde, 100% virtuel, sans retour possible.
Un monde que leurs désirs façonnent et duquel ont disparu la douleur ou les besoins naturels. Cet univers où tout est possible (ou presque) va devenir l'aventure qui définira les contours de leur avenir et de celui de tous ceux qui choisiront de les rejoindre.
Bien sûr, parce qu'ils sont comme tout le monde, Josiane et René vont beaucoup s'intéresser au sexe.

 

« Crédible, stimulant et dérangeant à la fois, leur album renoue avec la BD de science-fiction […]. Indispensable. » Livres Hebdo

« D’une manière fulgurante, le récit de Cadène et Falzon décrit l’abondance de possibilités que nous offre l’ère contemporaine. Et son corollaire : un ennui en acier trempé » Le Nouvel obs

« Une BD sulfureuse et intelligente » Ouest-France

 

Éditions Le Lombard, 19,99€.

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Taqawan

Auteur : Éric Plamondon

« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

 

Une pépite ! Un roman noir, un récit historique, un livre de contes, un pamphlet politique […] Taqawan ? Un livre qui refuse d’être figé ! […] Vous ne mesurez pas à quel point c’est péchu !

Augustin Trapenard

Quidam éditeur, 20€

Extrait :

 Quand elle relève la tête, trois garçons poussent la porte de secours à l’arrière. Certains les encouragent, d’autres leur crient de ne pas sortir. Les garçons s’échappent vers le bas-côté de la route. Ils dévalent le talus qui mène sous le pont. Une jeune fille les imite qui file derrière eux, les rattrape. Ils s’arrêtent devant la porte grillagée. Verrouillée par une lourde chaîne, elle bloque l’accès à l’escalier qui mène à la passerelle. Les trois garçons connaissent l’endroit. Ils savent comment escalader le grillage pour se rendre sous le ventre de l’ouvrage. Alors ils grimpent, s’accrochent, passent avec précaution et s’abattent de l’autre côté sur la plate-forme. Quand elle atteint le haut de la grille, Océane pense à son pantalon taché. Mais les trois garçons sont déjà devant. Elle saute à son tour. Elle recolle à leurs pas qui résonnent sur la structure métallique. Le premier des garçons dépasse le second pilier. Leur rythme est lourd sur la pente légère. La travée est encore large ici, au-dessus de la terre ferme. Quand les quatre enfants atteignent le troisième pilier, une voix d’adulte claque dans leur dos, appelle et ordonne. Les fugitifs l’ignorent et, genoux pliés, tête baissée, se rapprochent du quatrième pilier. À travers le treillis d’acier, ils aperçoivent l’eau qui scintille. Océane se retourne. Trois policiers ont réussi à gravir la grille et se lancent à leur poursuite. Océane crie. L’un des garçons répond : « Dépêchez-vous ! » Au quatrième pilier, c’est beaucoup plus dangereux. Il faut s’accrocher aux poutres pour gagner le trottoir suspendu et étroit sous la portée principale : quatre cents mètres de tension. Derrière elle, Océane entend les policiers courir. Elle se précipite avec prudence. Il faut se glisser sous la grille, ramper sur le béton, déchirer le bas de son pantalon sur l’acier, se faire entraîner par le dernier garçon et sauter encore une barrière de sécurité. Les quatre enfants sont perchés à une dizaine de mètres au-dessus de la baie, acrobates accrochés à leur peur. Les policiers s’arrêtent. Ils ne peuvent pas se risquer à les rattraper ici. La passerelle est trop haute, trop étroite. Les enfants ralentissent dans un léger vertige. Il n’y a plus rien derrière eux. Mais devant ?                                                               

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Les Fleurs noires de Santa Maria

Auteur :  Hernán Rivera Letelier

En 1907, de grandes grèves éclatent dans les mines de nitrate du désert d’Atacama, les mineurs entreprennent une grande marche à travers le désert en direction de la petite ville de Santa María de Iquique, où ils pensent négocier.

 

Leurs familles les accompagnent. Hernán Rivera Letelier aussi avec ces personnages dont il a le secret: Olegario le mineur amoureux de l’image féminine qui figure sur son paquet de cigarettes, Gregoria l’énergique veuve au grand cœur, Idilio l’amoureux du vent constructeur de cerfs-volants et la jeune Liria María. Tous ces protagonistes pleins de force et d’innocence traversent le désert et sont inexorablement entraînés vers le dénouement tragique et réel qui verra plus de trois mille d’entre eux impitoyablement massacrés à la mitrailleuse.

 

Hernán Rivera Letelier mêle épopée sociale et vies romanesques dans un récit à plusieurs voix magnifique et poignant. Amitiés, conflits, solidarité et amours en sont la trame. Il complète ici le cycle romanesque de cet univers prodigieux que fut le monde des mines d’Atacama, qu’il chante dans une écriture rude et magique qui n’appartient qu’à lui.

 

Éditions Métailié, 10€

 

Extrait :

 

Sur le toit de la maison, découpés sur la lumière de l’aube, les vautours ressemblent à un couple de petits vieux en frac, tout rabougris et les mains dans les poches.

Statiques comme des personnages de girouette et nimbés de relents de pourriture, ils semblent dormir profondément l’un près de l’autre. Pourtant, quand on leur jette les premiers morceaux de carne depuis l’intérieur de la maison par un trou percé dans le toit, ils arquent nerveusement leurs têtes rouges et, avec des grognements gutturaux de charognards, se livrent à de bruyantes agapes sur les plaques de zinc.

 

Tout en écoutant le crissement des serres ripant sur la tôle, Olegario Santana, encore en tricot de corps, finit de dévorer son propre morceau de viande saignante accompagné d’oignonshachés menu comme pour un dindon, aux dires de son ami Domingo Domínguez. Puis, après avoir bu un grand bol de thé bien amer, il penche son visage sur le fourneau de briques et allume sa deuxième Yolanda de la journée (il fume la première au lit, dans le noir). Les coudes sur la table nue, il profite des dernières minutes pour fumer avec parcimonie tout en contemplant le visage de la femme dessinée sur le paquet de cigarettes.

 

À cinquante-sept ans, Olegario Santana n’a jamais vu un visage aussi beau chez une femme en chair et en os. De plus, il ne sait pas pourquoi diable le seul prénom de Yolanda fait naître en lui l’image d’une femme fatale, une de ces femelles éperdues de passion évoquées par les vieux dans les salpêtrières pendant qu’ils triturent les pierres sous un soleil aussi ardent que leurs délires. La seule femme qui soit passée dans sa vie est une veuve rencontrée à Agua Santa avec laquelle il a vécu à la colle, sans joies ni peines, pendant quatorze longues années. Elle était morte quatre ans plus tôt de la peste bubonique ramenée à Iquique par le Columbia, le « bateau maudit » comme les gens avaient surnommé le vapeur contaminé. La femme, une grosse matrone bolivienne qui avait dix ans de plus que lui, mauvaise haleine et une docilité plutôt insipide (forniquer avec elle ou avec une brebis ahurie ne faisait pas grande différence), était morte sans même lui laisser la compagnie d’un souvenir agréable contre lequel blottir son chagrin d’homme seul. Depuis lors, il ne partage avec personne le cilice de son matelas de feuilles de maïs et, dans le triste désordre de sa maison à l’abandon, mijote volontairement à petit feu dans sa poussiéreuse solitude; solitude méticuleuse adoucie depuis peu par la présence passagère de ses deux vautours apprivoisés, des volatiles aussi aigris et silencieux que lui.

 

 

 

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Voyage en République de Crabe

Auteure : Tarmasz

 

 

Maya, jeune livreuse d'élite dynamique et survoltée, part en mission sur une île coupée du monde : la République de Crabe. Un récit de voyage étrange et fantastique, porté par l’univers singulier de l’étonnante Tarmasz.

 

La livraison express en terre inconnue de Maya ne se déroule pas comme prévu : administration

 

 ubuesque, transports archaïques, territoire impraticable, climat détestable. Elle finit par s'avouer impuissante, profitant de l'occasion pour observer ce pays fantaisiste et anachronique et remettre en question son rapport au temps. Parfois, les voyages ne sont pas uniquement faits d'action et d'aventures…

 

 

Éditions Delcourt, 19,99€

 

 

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Le vrai sexe de la vraie vie II

Auteure : Cy

C’est une nouvelle fois avec son trait vif et sa délicatesse que Cy. raconte avec beaucoup de complicité des histoires de couples, qu’elles soient douces, fortes ou cocasses.

On ne va pas vous cacher que le tome 2 était déjà prévu depuis le début; car avec Le Vrai Sexe de la vraie vie, on a choisi de montrer non pas une sexualité idéale, mais bien des sexualités, variées, différentes, imparfaites... et elles sont nombreuses. Et pour parler de sexe en plein air,de capote fugitive, de culpabilité sexuelle, de sexe pendant les règles, de sodomie hétéro, de changement female to male, de pression masculine ou de sexe sans capote, on avait besoin d'encore beaucoup, beaucoup de papier." Cy. s’affirme dans l’érotisme intelligent et l’éducation sexuelle moderne, alors comme son prédécesseur, n’hésitez pas à mettre son nouveau livre entre toutes les mains ! " madmoizelle.com

Éditions Lapin, 18€

 

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